La meilleure part des hommes / Tristan Garcia. |

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La meilleure part des hommes / Tristan Garcia.

 

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Les personnages de ce roman existent à une période charnière de l'histoire, entre les années 70, période fourmillante pour les idées et les années 80, caractérisées par le déferlement des médias et du libéralisme. Les revendications sont dorénavant moins libertaires et s'accommodent du formatage médiatique. Emergent dans ce contexte des personnages, figures déprimées ou extrêmes de cet entre-deux, assumant plus ou moins l'héritage de 68. Ayant prôné sans limite la révolution sexuelle et la libération des mœurs, ils se déchirent quant au discours à tenir face au fléau dévastateur du sida. Alors que Doumé crée Stand, un mouvement d'émancipation et de prévention contre la maladie, son ex-amant, Willie fait feu de tous bois, utilise la télévision ou internet pour le contredire, ou le tourner en ridicule, radical jusqu'au bout, prônant le « barebacking », l'amour sans préservatif dans la communauté homosexuelle. Extrême, suicidaire, et en même temps d'une énergie de tous les instants, Willie est charismatique, génial pour certains, entraînant dans sa chute un certain nombre de jeunes gens fascinés.

Assistent à ce conflit sans merci, à cet haine-amour se déployant sur fond de conflit idéologique la narratrice, journaliste à Libération, la trentaine désenchantée et son amant, marié, père de deux enfants, Jean-Michel Leibovitz, intellectuel médiatique à contre pied de son époque et glissant peu à peu vers la droite.

En préambule, Tristian Garcia écrit : « Les personnages de ce roman n'ont jamais cessé d'exister ailleurs que dans les pages de ce livre. Si le lecteur juge cependant qu'ils ressemblent sous certains aspects à certaines personnes réelles qu'il connaît ou reconnaît, c'est simplement parce que, plongés dans des situations parfois comparables, personnes et personnages n'agissent pas autrement ». C'est vrai que nous avons l'impression de lire une fresque réaliste et de reconnaître les personnages, mais la fiction permet de les rendre encore plus extrêmes, et révèle par-delà leur côté obscur, la meilleure part de ces hommes, qui se débattent comme ils peuvent dans la complexité du monde et de l'époque.

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